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 recit PBP

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MessageSujet: recit PBP   Sam 28 Oct - 19:56

Bonsoir

Pour ceux que ça intéresse le récit entier demon ami est prêt sous word. Je veux bien le mettre sur le forum mais il prend 5 pages sous word.
quand penses-tu Yvan
salut
vincent
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MessageSujet: Re: recit PBP   Sam 28 Oct - 20:02

Salut Vincent,
Ah oui, moi ça m'intéresse !!! Je pense qu'il n'y a pas de problème de place pour le mettre sur le forum... Essai nous verrons bien Very Happy
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MessageSujet: Re: recit PBP   Sam 28 Oct - 20:06

ok j'essaye
vincent


impossible le message est trop long.
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MessageSujet: Re: recit PBP   Sam 28 Oct - 20:09

Pas grave tu le coupe en plusieurs morceaux ( partie 1, etc... )
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MessageSujet: Re: recit PBP   Sam 28 Oct - 20:10

ok
partie 1


CECI EST UNE REFLEXION SUR LE PARIS BREST PARIS
Auteur Louis Rioual Randonneur n° 2285

Mon expérience de deux Paris Brest Paris, courus dans des conditions et des circonstances presque diamétralement opposées, me conduit à formuler par écrit quelques réflexions sur ce monument de la randonnée, sur ce brevet à la fois recherché et redouté par des centaines voire des milliers de cyclos, et cela tous les quatre ans depuis 1951.

Les adversaires du Paris Brest Paris.

Ceux et celles qui l’ont réussi et qui en sont fiers, à juste titre, ont eu à rencontrer et à terrasser plusieurs adversaires. Le premier d’entre eux est le sommeil. Etant donné que la première étape doit impérativement être longue de quatre cents kilomètres au moins, une distance anormale pour un organisme en temps ordinaire, vu que le randonneur à roulé toute une nuit, habituellement consacrée au repos, puis encore une journée, insidieusement, mais de plus en plus forte, s’impose l’envie de dormir. Il en est de même lors de la deuxième nuit, et plus encore de la troisième, et même à n’importe quel moment de la journée, si l’on n’a pas pris la précaution ou le temps de se reposer. C’est ainsi que l’on voit de nombreux cyclos s’allonger dans tous les endroits possibles et pas seulement dans les lits, forcément pas assez nombreux, proposés dans les villes-étapes : pelouses, banc, tables, escaliers, renfoncements de portes, sol cimentés, goudron de places publiques.


Ce qui conduit le randonneur à rechercher ainsi, à tout prix, la possibilité de dormir, à un moment ou à un autre de son périple, c’est donc la fatigue. Celle-ci provient en plus des conditions de vie inhabituelles, de l’obligation de fournir des efforts pour enchaîner trois brevets de 400 Km, ou deux de 600, distances sans doutes parcourues lors des brevets qualificatifs mais une seule fois. De plus, le relief n’est pas très plat, bien au contraire… les diverses ascensions du Perche, la traversée partielle des Alpes mancelles près de Villaines-la-Juhel, l’escalade de côtes plutôt raides dans les environs de Loudéac et de Corlay, le col de Trédudon, le terrain « casse-pattes » à l’extrémité du Finistère, soit une dénivellation proche de 10 000 mètres, l’équivalent de deux B.R.A (Brevet randonneur des Alpes), font souffrir les corps, même les plus aguerris, surtout ceux qui ont l’habitude d’évoluer dans des régions plates, comme les Landes ou la Vendée. Si, en plus, le vent est défavorable pendant des centaines de kilomètres, on comprend que le randonneur soit fatigué, parfois même exténué, et qu’il s’allonge n’importe où, comme il est tombé, qu’il dorme longtemps et qu’il laisse les heures passer si personne n’est là pour le réveiller ; quand il ouvre les yeux, c’est parfois trop tard : il voit surgir le spectre de l’élimination pour cause de hors délai, s’anéantir des efforts consentis durant plusieurs mois s’envoler des rêves d’une ou de plusieurs années, chose terrible pour quelqu’un qui a investi beaucoup, et cela physiquement, mentalement, financièrement, socialement, sur une épreuve peu commune.

L’adversaire le plus terrible, qui est souvent à l’origine de cet enchaînement de circonstances dramatiques, me paraît être la chaleur. En effet, le soleil, qui est le bienvenu dans les premières heures de la matinée, n’est plus du tout souhaité dans l’après-midi, surtout s’il est fort et constant. Insensiblement il creuse les organismes et entraîne des conséquences parfois graves. Ainsi le randonneur se précipite sur tout ce qui liquide, au bord de la route, dans les bars ; il a tendance pour étancher une soif tenace à tout avaler goulûment, précipitamment, en trop grande quantité : du tiède, du très froid, ce qui peut amener un détraquement de l’estomac ; celui-ci n’accepte alors plus de nourriture, à un moment ou il faudrait précisément en prendre. Le corps, auquel on demande alors beaucoup, ne peut plus fournir l’énergie nécessaire ; les muscles se raidissent, les jambes ne répondent plus, le moral baisse en même temps que la vitesse, le coup de pompe arrive, le désir d’arrêter s’impose irrationnellement à l’esprit. Plus que pour des raisons d’ordre psychologique, le cyclo est quelquefois obligé de mettre pied à terre : en effet, la transpiration, particulièrement abondante, qui s’écoule dans le dos puis le long des fesses entraîne des échauffements au niveau de la selle, ce qui peut provoquer des ganglions énormes, très douloureux. Si ceux-ci éclatent, mettant la chair à vif, c’est une souffrance insupportable, et même une atteinte physique, qui nécessitent l’arrêt. Cette sudation excessive peut même gagner les pieds, entraîner des brûlures et aboutir au même résultat.

Il s’agit sans doute là d’un tableau noir du Paris Brest Paris. Il est vrai que tous les adversaires, que j’ai énumérés, ne sont pas tous présents, et sans doute pas en même temps ; il peut arriver que certains randonneurs n’aient pas à les affronter. Cependant tous ces maux existent, même s’ils sont oubliés ou partiellement gommés quelques jours plus tard par la joie de la victoire. Comment expliquer autrement le nombre relativement important d’abandons même parmi des candidats solides, bien préparés et même très affûtés ? Si le chiffre de 15 % apparaît léger en théorie, il correspond cependant à 450 individus qui ont dû délaisser le guidon, parfois la mort dans l’âme, et qui auront des difficultés à s’en remettre, surtout mentalement.
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MessageSujet: Re: recit PBP   Sam 28 Oct - 20:10

partie 2



Quelques solutions.

Il existe évidemment des solutions ou du moins des précautions à prendre pour éviter d’arriver à la décision douloureuse d’arrêter. Indépendamment du fait qu’un entraînement préalable sérieux et rationnel est indispensable, surtout pendant les deux longs mois qui séparent le brevet de 600 Km et la date du départ, quelques points peuvent être suivis durant le déroulement du Paris Brest Paris.

Il convient tout d’abord de s’alimenter convenablement pendant les arrêts aux villes étapes, qui proposent un vaste échantillon de nourritures ; il faut manger, plus ou moins, selon l’appétit, en évitant de charger l’estomac, quitte à le rassasier ensuite à la demande, durant le parcours, par quelques produits soigneusement testés auparavant. Ainsi, personnellement, j’ai consommé très souvent… de la soupe, d’ailleurs proposée à tous les contrôles. Une bonne soupe aux légumes, chaude et salée comme il faut, rien de tel pour vous retaper un bonhomme ou une bonne femme, car elle à l’avantage d’abord d’être un liquide, puis de contenir quelques vitamines facilement assimilables, ensuite de casser la soif mieux qu’un produit froid, enfin de renfermer du sel pour compenser la perte due à la transpiration. Enfin, des pâtes, du riz ou de la purée, accompagnés de viandes blanches comme du poulet, caleront l’estomac. Il est bon de finir par un dessert à base de lait ou de fruits. Il est souhaitable de choisir une eau gazeuse et légèrement salée, comme de l’eau de Vichy ou de Badoît. En cours de route, dans les points de restauration, on peut aussi prendre du café ou encore recourir au médicament américain, le fameux coca-cola, tant décrier par les défenseurs de la France profonde et éternelle. En effet, cette boisson made in U.S.A., conçue d’abord comme produit pharmaceutique, a le don de vous décaper le tube digestif et procurer à l’organisme fatigué un excitant salutaire. De toutes façons, il vaut mieux boire souvent de petites gorgées d’eau que d’attente un long moment et de consommer un grand volume.

La deuxième condition de réussite réside, bien sûr, dans l’art de rouler. Vu la longueur de la distance, il est fortement conseillé d’en garder constamment sous la pédale, de rester en deçà de ses possibilités. Dès le bas des côtes, il vaut mieux ralentir, monter avec souplesse et même avec lenteur, ce qui permet de ménager les muscles et d’enchaîner immédiatement sur le plat et même de rouler vite quand le relief s’y prête, car il est inutile de vouloir conserver une moyenne audax quand les conditions sont favorables. Il faut donc éviter de forcer dès le début, de viser à priori et à tout prix une moyenne élevée. Combien de cyclos doués et aguerris, pris dans l’engrenage d’un peloton au rythme trop élevé, ont commencé à souffrir dès le kilomètre 200, sont entrés dans le rouge au kilomètre 300, ont explosé au kilomètre 400, et ont été contraints d’abandonner, victime d’une tendinite aiguë.

Par ailleurs – et c’est un troisième point – il est recommandé de rouler en groupe. Pendant les trois quarts de la randonnée au moins, on peut en trouver un, ce qui permet de s’économiser ; on ne s’interdira évidemment pas de faire sa part de travail en menant parfois, ce qui contribue à la bonne marche du peloton et à l’harmonie entre ses membres. La question se pose alors de savoir s’il faut faire partie d’un groupe déjà officiellement constitué ou non. Les avis divergent. Sans doute des équipes bâties autour d’un club ou à partir d’amis ont-elles bien fonctionné. Je connais des duos qui ont donné des résultats positifs ; j’ai côtoyé pendant 140 kilomètres un quatuor soudé, appartenant au même club, expérimenté, qui avait cependant un chef prêt à trancher en cas de problème et qui donnait les directives durant les pauses. Mais j’ai vu aussi des groupes qui se sont disloqués au cours de la randonnée, et même pas à l’amiable : certains amis-« de trente ans » ou pas se sont même disputés, et cela sérieusement, jusqu’au refus de réconciliation. Il est vrai que dans une épreuve comme le Paris Brest Paris chacun a, à tour de rôle, un coup de pompe, ce que les autres ne comprennent ou n’acceptent pas toujours ; il faut reconnaître aussi qu’un cyclo, handicapé par un ennui quelconque ou une méforme persistante, porte tort à tout le groupe. Pour éviter d’avoir à résoudre des problèmes parfois délicats, rien ne vaut, à mon avis, de rouler seul… avec d’autres compagnons d’occasion. On peut ainsi modifier son projet sans nuire à d’autres personnes, prendre des décisions à la demande, selon sa forme, son humeur. Cette liberté, cette sérénité d’esprit me paraissent être un facteur capital de réussite. Mon expérience personnelle, très probante en ce qui me concerne, ne constitue qu’un seul cas ; cependant je peux apporter le témoignage de plusieurs randonneurs à la carte de visite impressionnante : en général, ils ont réussi davantage quand ils étaient seuls.

Il reste un remède à la chaleur, dont j’ai exposé les méfaits, c’est de rouler dans la fraîcheur. Monsieur de Lapalisse n’aurait pas dit mieux ! Mais à quel moment la température est-elle idéale, sinon durant la nuit ? Pour ma part, je recherche cette possibilité, je ne crains ni l’obscurité, ni le froid du petit matin ; il suffit de s’habiller plus chaudement pendant quelques heures. Et que d’avantages ! quel plaisir de former avec d’autres un train de lumières blanches et rouges, de discuter avec des compagnons dont on s’étonnera parfois de découvrir le visage seulement lors du contrôle. L’obscurité a surtout comme avantage de réduire la visibilité et par conséquent d’escamoter les côtes : celles-ci souvent montées en douceur, ne représentent plus des épouvantails. Au retour on n’en revient pas de constater en plein jour, lors d’une descente longue et rapide comme celle de Merléac par exemple, que l’on y était passé sans encombre. Ne dit-on pas que le Paris Brest Paris se gagne autant dans la tête que dans que dans les jambes ?
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MessageSujet: Re: recit PBP   Sam 28 Oct - 20:12

partie 3

Les grandes joies

Si cette épreuve présente des pièges et demande une certaine sagesse, elle contient aussi de grands moments et propose des joies profondes et durables. L’arrivée sur le site du départ, à Guyancourt, en Saint-Quentin en Yvelines, est déjà un spectacle qui en vaut la peine. A 1 kilomètre à la ronde, et surtout auprès de l’accès au « Gymnase des Droits de l’Homme », vous voyez des véhicules arrêtés un peu partout : auto, fourgons, caravanes, camping-cars, remorques, stationnés sur les trottoirs, les pelouses, les terrains vagues, les ronds-points. Des gens s’affairant autour de vélos, de sacs, de tables. Les diverses opérations de contrôle des machines, de signature et de distribution de carte de route vous permettent de rencontrer beaucoup d’autres cyclos. Vous pouvez en reconnaître certains, qui ont l’air de stresser moins que vous, à moins que ce ne soit qu’une façade. Vous entendez parler des langues étrangères, peut-être plus que le français. Vous écarquillez les yeux en découvrant les engins étranges qui ont pour fonction, paraît-il, de faire avancer leur propriétaire au moyen de pédales. Vous prenez aussi conscience de la complexité et de la rigueur de l’organisation. En un mot, vous y êtes, enfin, ou presque.

Le lendemain, dans la soirée, c’est le départ. Il vaut mieux être là à 19h45 pour regarder les costauds s’élancer à 20 heures, ceux qui ont choisi de boucler le tour en 80 heures. Au coup de sifflets, certains sprintent déjà pour se trouver en tête ! A partir de 20h10, il ne vous reste plus qu’à attendre votre propre départ prévu à 22 heures. C’est assez crispant ; il faut savoir garder son calme. Cette année je me suis trouvé dans la première centaine des 1800 randonneurs de ma catégorie. On nous fait avancer par étapes vers le boulevard de sortie ; on vérifie les cartes, les baudriers fluorescents, les éclairages. Certains cyclos sont très tendus, d’autres discutent ou même plaisantent ; d’autres encore vérifient une dernière fois leur sac ou leur sacoche. Puis l’heure du départ approche, la nuit tombe, les lumières se mettent à briller. Les organisateurs donnent quelques recommandations, que seuls certains peuvent entendre. Les motards chargés d’ouvrir la route font ronfler leurs engins. A 22 heures tapantes, c’est le soulagement, les chaussures s’enclenchent sur les pédales, les roues commencent à tourner. Sur les boulevards abondamment éclairés, aux divers ronds-points et intersections protégés par de nombreux officiels, une foule très nombreuse, sympathique, chaleureuse, applaudit sans interruption : « Bravo ! Bon courage ! Bonne nuit ! » Que de merveilleux frissons !

Le randonneur de Paris Brest Paris va connaître sans aucun doute d’autres moments forts. Ceux-ci sont particuliers à chacun ; ils surgissent souvent au moment où on ne les attend pas, et sont dûs à des causes diverses. C’est une sensation de bien-être, provenant du fait que les jambes tournent facilement et que les distances sont parcourues à un bon rythme, le sentiment et la fierté d’appartenir à la grande famille internationale des randonneurs, la rencontre d’amis cyclos de la région durant la route ou au point de ravitaillement, la beauté du décor nocturne éclairé par la lune et les étoiles, la satisfaction d’arriver dans la lumière d’un bourg ou d’une petite ville après plusieurs kilomètres d’obscurité dans la campagne, le soleil qui se lève dans l’axe précis de la route et qui, émergeant de la brume, vous inonde le visage de sa rougeur quand vous arriver au sommet de la côte, la récompense offerte par la possibilité de n’avoir plus besoin de pédaler dans une longue descente, la complicité qui s’établit peu à peu avec ceux que l’on côtoie de plus en plus souvent sur la route ou aux arrêts, les échanges plus poussés et spontanément sympathiques avec ceux qui font un bout de chemin en votre compagnie. Il y a aussi la générosité des gens qui proposent de l’eau ou du café, du moins en Bretagne et en Mayenne, souvent des enfants, déçus si l’on ne s’arrête pas. Il faut mentionner aussi les atmosphères spécifiques qui règnent dans les diverses salles de ravitaillement ; celles de Carhaix et de Villaines-la-Juhel m’ont particulièrement plu. Et que dire du contrôle secret effectué au sommet du seul col de la randonnée, le col de Trédudon, battu par le vent, traversé par des rafales de brouillard, surgissant de l’obscurité grâce à des projecteurs puissants montés sur des camions : « Quel décor dantesque », me dit un de mes compagnons de la région lyonnaise ; « Voilà la Bretagne fantastique, telle que je l’imagine », s’exclame un autre à l’accent méridional. Il est également agréable d’arriver et de virer à Brest, de rencontrer, à l’espace Foucault, des visages connus qui vous félicitent, qui vous pressent de questions, qui vous admirent même. Comme l’a écrit Saint-Exupéry, « il n’est qu’un véritable luxe, et c’est celui des relations humaines.»

Pour terminer, je privilégierai deux lieux et trois moments, qui ont beaucoup compté pour moi. C’est tout d’abord Loudéac, où j’ai retrouvé ma famille, du moins ma femme et ma fille, à deux reprises, au terrain de camping ; à l’aller, après un passage à vide important dû à la canicule et à la fatigue, ce fut le réconfort apporté par leur présence et leurs paroles, sans oublier le repas, le couchage de la caravane et les vêtements de rechange tout préparés ; au retour ce fut l’incitation à un léger repos, car je voulais repartir sans m’allonger à la suite de la récupération d’une forme éblouissante. Ensuite et bien sûr, il y a Paris, plus précisément Guyancourt, et l’instant où l’on a la certitude que l’on va enfin terminer, oublier ses doutes passagers et sa fatigue, l’instant qui récompense cinq ou six mois de préparation et quatre ans d’attente, l’instant du triomphe quand on aperçoit le lieu de l’arrivée, surtout la nuit, et que l’on franchit la grille du Gymnase des Droits de l’Homme. N’a-t-on pas alors le droit de se proclamer un homme ?

Voilà quelques considérations que m’ont inspirées mes deux participations au Paris Brest Paris, surtout la dernière, la toute récente, encore présente en ma tête, avec tous ses détails. Je souhaite que ces réflexions, loin de décourager les candidats potentiels, les rendront plus aptes à se lancer dans la grande aventure sportive et humaine que constitue Paris Brest Paris, afin que la date de leur participation reste à jamais gravée dans leur esprit comme sur une pierre blanche.


bonne lecture si vous avez des commentaires n'hésitez pas je ferai suivre à l'intéressé

salut vincent
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MessageSujet: Re: recit PBP   Dim 29 Oct - 9:19

J'ai trouvé ce récit tres interressant et bien ecrit car pas trop de termes techniques ou spécifiques . Merci a ton ami pour avoir partagé cette experience avec nous et a toi de nous l'avoir fait connaitre .

Bonne journée Very Happy
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Yvan Le Terrible
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MessageSujet: Re: recit PBP   Dim 29 Oct - 10:22

Superbe récit, je voudrais le mettre sur mon site, pourrais-tu demander à ton ami s'il m'y autorise !

Mon site
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MessageSujet: Re: recit PBP   Dim 29 Oct - 17:45

bonsoir Yvan

L'autre jour à ma demande de donner son récit à une personne il était favorable, il m'a ajouté qu'il pouvait s'il voulait le photocopier.
quand il a écrit son récit il l'avait donné à lire au président du club de paris celui-ci ne pouvait le mettre dans le livret du PBP bien qu'il reconnaise la véracité des propos, son récit à était diffusé à plusieurs exemplaires près de chez lui.
Donc tu peux mettre sur ton site, je lui ai demandé par téléphone, par contre si tu as des commentaires fait les moi suivres pour que je lui les donne.
merci vincent
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MessageSujet: Re: recit PBP   Dim 29 Oct - 19:20

Super !!! Je vais le faire dans la semaine.
Remercie ton ami pour moi.

sunny
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MessageSujet: Re: recit PBP   Dim 29 Oct - 19:53

J'ai lu et relu le récit de Louis qui montre là des qualités de rédaction et de construction enthousiasmante de récit, que j'aimerais avoir.
Mais ma curiosité naturelle m'a amené à en savoir plus:
. de Guipavas ? je suppose que pour un breton de la pointe ce doit être une torture de repartir vers Paris.
. PBP en 91 et 95 ? Pourquoi avoir organisé une assistance à Loudéac en 95, manque de préparation, de motivation avant le départ ?
. Pourquoi alors que rentré en 73 H en 95 ne pas avoir rempilé en 99 et 2003 ? je croyais que PBP était une drogue.
. en 95 était-il inscrit pour 80 h ou 84 h ?
. et pour 2007 ?
. s'il privilégiait la nuit pour rouler pouvait-il dormir le jour en pleine lumière ?
Excusez mon style direct.
Jean
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MessageSujet: Re: recit PBP   Dim 29 Oct - 20:51

bonsoir

je transmets à Louis tes questions, il se fera un plaisir comme il vient de me dire de te répondre personnellement.

vincent
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MessageSujet: Re: recit PBP   Dim 29 Oct - 20:52

bonsoir Yvan

peux-tu me donner le lien sur ton site pour que je le donne à Louis, il n'a pas internet mais sa fille oui. Pourra-t-il répondre directement?
merci vincent
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MessageSujet: Re: recit PBP   Lun 30 Oct - 19:50

Voilà le récit de Louis est sur mon site ici

Si Louis veut répondre directement à Jean sur le forum, il peut s'inscrire depuis le PC de sa fille Very Happy
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MessageSujet: Re: recit PBP   Ven 3 Nov - 22:27

bonsoir à tous

comme convenu je vous transmet les réponses de Louis.
n'hésiter pas de faire des commentaires ou de lui poser des questions, il regrette de ne pas vous répondre personnellement.
cordialement vincent


Réponse de Louis pour Yvan et Jean

Habitant Brest, je n’ai jamais eu l’idée de m’arrêter dans ma ville, bien au contraire ; les marques de sympathies venant de la part d’amis m’ont encouragé à repartir de plus belle.

J’ai organisé une assistance à Loudéac en 91, 95, 99 parce que cette ville ma paraît stratégique : après 440 Kms, j’éprouve fortement le besoin de dormir, de me doucher, de changer de vêtements, et cela à coup sûr- ensuite, au retour, je me contente de me reposer, de dormir un peu et de repartir. J’ai dormi, plus tard, deux heures à Fougères dans un des lits du gymnase, et une demi-heure à Mortagne-au-Perche, sur une pelouse, en plein jour.

En 1995, j’étais inscrit en 90 heures, car je voulais effacer ma piètre performance de 91, prisonnier d’un groupe qui ne roulait pas et accumulant les mauvaises décisions.

J’ai rempilé en 1999, toujours en 90 heures, sur la demande de deux amis, avec lesquels j’ai consenti à rouler, mais l’expérience ne m’a pas donné satisfaction, et au contraire m’a convaincu encore plus de rouler seul ; nous avons tout de même terminé en 79 heures.

Même si PBP est une drogue, je n’ai pas rempilé en 2003, à cause notamment d’une méforme physique.

Louis
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MessageSujet: Re: recit PBP   Ven 17 Nov - 22:55

vincentime a écrit:
bonsoir Yvan

L'autre jour à ma demande de donner son récit à une personne il était favorable, il m'a ajouté qu'il pouvait s'il voulait le photocopier.
quand il a écrit son récit il l'avait donné à lire au président du club de paris celui-ci ne pouvait le mettre dans le livret du PBP bien qu'il reconnaise la véracité des propos, son récit à était diffusé à plusieurs exemplaires près de chez lui.
Donc tu peux mettre sur ton site, je lui ai demandé par téléphone, par contre si tu as des commentaires fait les moi suivres pour que je lui les donne.
merci vincent

C'est exact, j'ai déjà lu son récit sur un autre site.
Bravo à lui pour ce beau récit.
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MessageSujet: Re: recit PBP   Sam 18 Nov - 10:42

bonjour titus

afin dse le faire savoir à Louis, peuxtu me donner le nom du site?
merci
vincent
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MessageSujet: Re: recit PBP   Sam 18 Nov - 11:12

J'ai recherché dans l'historique mais, je n'ai pas retrouvé pale
Je te répondrai dès que j'aurai trouvé Rolling Eyes
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MessageSujet: Re: recit PBP   Jeu 23 Nov - 18:52

Un cycliste a effectué 11 montées du Ventoux en 24h mais les descentes en voiture! (s'il avait eu un hélicoptere, peut être 12 ou 13 fois!)
Very Happy Bien dit !!!

Moi, que 4 fois en 12h mais tout sur un vélo! félicitation .....
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MessageSujet: Re: recit PBP   

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recit PBP
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