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 3 monstres jurassiens

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bison couché
Mollet d'acier
Mollet d'acier


Nombre de messages : 134
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MessageSujet: 3 monstres jurassiens   Dim 9 Sep - 11:15

Chaque été c'est la même chose: je pars en vacances avec une foultitude de bonnes intentions en matière d'activités physiques -souvent familiales- puis je rentre à la maison 3 semaines plus tard en ayant fait le stricte minimum -tout juste de quoi éviter une mort précoce par embolie- et une condition physique qui se trouve au fin fond d'une gouffre abyssale.

Et après c'est la course -surtout au sens figuré car au sens littéraire j'en suis point plus (ou plus point, sais pas comment dire) capable- pour rouler, m'entraîner et essayer de sauver ce qu'il y a à sauver en matière de sorties de fin d'été et d'automne.

C'est dans ce cadre là que je me suis dit qu'il serait chouette de faire une 'tite sortie lundi passé. Une sortie un peu particulière car je l'avais déjà fait un lundi passé en 2017. Or, à ce moment là je n'avais pas encore totalement récupéré de ma rencontre fortuite avec une conductrice tête en l'air plusieurs mois auparavant. Bref, pour faire court, j'avais du écourter ma sortie en enlevant un col de ma sortie car ma cheville n'avait vraiment pas aimé les assauts en continu par des coups de pédales sur des pentes très raides.
Je ne suis pas spécialement revanchard mais quand-même, je ne pouvais pas laisser cet affront collé pour l'éternité et obscurcir ma fierté cycliste ...

Me voilà donc partie ce lundi pour faire un enchaînement de cols un peu particulier: Relais du Mont du Chat - Grand Colombier - Col de la Biche.

C'est bien possible que ces cols ne vous disent pas grande chose, moi non plus d'ailleurs, j'y suis passé quand-même un certain nombre de fois et jamais ils ne m'ont dit quoi que ce soit, pas très causeurs en fait, mais ils valent vraiment la peine du passage.

Pour le relais du Mont du Chat j'avais choisit la montée depuis le lac (du Bourget), c'est ma préférée (en fait je ne suis jamais monté encore depuis l'autre côté): 12,5 km à 10% et très régulier
Puis, le challenge étant de faire une journée de ramassage de gros pourcentages, le Grand Colombier par Artemare (pour moi la plus difficile des 4): 16 km à 7,9 % et surtout un irrégularité hors du commun avec des secteurs qui dépassent les 22%
Et finalement le Col de la Biche depuis Giniez: 10.6 km à 9%, assez réguliers.

Le tout se coince tout juste (au mètre près!) dans une sortie d'environs 254 km avec un dénivelé d'approximativement 6279,15 mètres.

Ce qui explique la nécessité de partir tôt, vers 4 heures du matin.

Premiers tours de pédales donc à 5h30, comme d'habitude, l'impératif du départ tôtif n'a pas été de poids face à la félicité du sommeil tardif.



Quand on regarde la trace sur une carte il convient de constater qu'avant la montée au Mont du Chat il y a un échauffement de 93 km et 1800 mètres de dénivelé avec à la fin un passage au col du chat -qu'on devrait mieux nommer le col du chaton- au vue de la montée qui suit et qui amène au relais du Mont du Chat.

Connaissant bien les routes j'ai pris soin d'éviter le traffic et c'est quand même de toute beauté, surtout à partir de la descente du col de Sappenay, car à ce moment la la vue s'ouvre sur la vallée du Rhône, puis le lac du Bourget ou à défaut, des vallons de montagne.




A ce propos je constate comme je peux apprécier la vue des petits villages qui semblent poser en toute quiétude et parfois faire partie de la montagne. Surtout dans le Jura (ce n'est pas une règle absolut hein). Le fait que le Jura est habité de bas en haut (contrairement aux Alpes p.ex) fait que les villages sont plus éparpillés et que l'on ne se retrouve pas avec une surdensité d'habitations -ni de traffic- dans les vallées.



Bref, quelques heures de vélo contemplatif m'amènent donc en bas de ce qui est considéré comme étant un des plus durs cols routiers de la France (avec les 10 km les plus pentus de la France, à 10% donc). L'ayant fait l'année passée je sais à quoi m'attendre et je trouve rapidement mon rythme. Le col est très régulier en fait et il suffit de s'installer dans son rythme puis de patienter jusqu'à l'arrivée. Aussi, je n'avais plus beaucoup d'eau au départ et je ne savais pas vraiment où m'approvisionner. Du coup j'ai décidé d'attendre de passer de l'autre côté du col pour faire le plein et de réduire la quantité d'eau que je bois à chaque 10 minutes. Au pire j'allais terminer la montée à sec mais il ne faisait pas spécialement chaud donc ça allait. J'en ai profité aussi pour chaparder une figue qui me souriait sur le bord de la route. Je n'ai même pas eu besoin de descendre du vélo.




Contrairement à ma première montée l'an passé il y avait pas mal de monde, enfin, beaucoup de cyclistes et très peu de voitures, et je suis dépassé par quelques extraterrestres qui, debout sur leurs pédales, avancent sûrement deux fois plus vite que moi.
Je dépasse aussi une jeune nana qui monte avec un vieux vélo acier, doté d'une cassette très serrée (je pense que le grand pignon devait avoir 24 dents), je n'ai pas bien vu les plateaux mais elle était debout sur son vélo et devait balancer son bassin vers l'avant à chaque coup de pédale pour arriver à faire passer les manivelles. A ce moment là on était déjà à plus de la moitié de la montée, j'imagine qu'elle est arrivée au bout mais qu'est-ce que ça a du être dur!
Moi de mon côté je n'avais pas ce problème: avec mon plateau de 42 dents et ma cassette 12 v 10-50, j'ai pu faire la montée à une cadence moyenne de 65 coups. Durant toute la sortie j'ai poussé la cadence au maximum mais sur du 10% j'arrive évidemment à mes limites quand-même.

1h50 plus tard je suis en haut.



Evidemment que ce n'est pas très rapide mais si je veux aller au bout de cette sortie je suis bien obligé de mettre de l'eau dans mon vin (ou plutôt de l'eau dans mon eau car je ne bois pas d'alcool quand je roule) Du coup je suis plutôt content. Arrivé en haut avec de l'eau jusqu'au dernier lacet, ni trop chaud ni trop froid et surtout sans spécialement de l'épuisement. J'enfile mon coupe-vent et je descend vers Yenne, dans la vallée naturelle du Rhône (plus loin je traverserai encore le canal de dérivation du Rhône).





Une trentaine de km à 27 de moyenne m'amène à Artemare, au pied du Grand Colombier, et pour le moment surtout, au Carrefour où j'achète deux triangles aux amandes et deux pains au chocolat. Puis un Orangina. Je comprends à l'expression faciale de la caissière que je dois bien sentir la transpiration ;-)
Je fais une pause d'une 15-aine de minutes et je repars.

Je connais désormais bien la montée qui va suivre et les passages très raides dans la forêt ne me font plus peur. Même le passage des voitures à cet endroit là, sur une route pourtant bien étroite, ne me perturbe plus. Le Pelso est vraiment parfait pour ça, stable à très basse vitesse, avec un développement de ouf, c'est le parfait compagnon pour ce genre d'endroits. Ce qui est beaucoup plus pénible pour moi est le changement de rythme que m'impose l'irrégularité de la route. Depuis quelques temps j'ai commencé à travailler là-dessus car j'avais tendance à ralentir au fur et à mesure de la progression sur des cols très irréguliers. p.ex. une montée de 4km à 10%, j'assure; puis arrive 2 km de replat à 3 ou 4%, je n'accélère pas; puis ça repart de nouveau dans les 10% et je me retrouve à avoir toute les peines du monde d'atteindre une même vitesse que sur la première partie.
Je crois que c'est derrière le dos ça, n'empêche, je me vigile moi-même en permanence et me lance des go's mentaux à chaque fois qu'il y a une cassure dans la pente.

Alors que pendant longtemps j'ai refusé de faire la moindre pause dans les montées, j'ai changé d'état d'esprit par apport à ça et maintenant je fais des pauses quand j'en ai envie. Même pas spécialement parce que j'ai besoin de m'arrêter mais juste parce que tel ou tel coin me plaît ou que sais-je encore. C'est pour cette raison que quelques centaines de mètres après la forêt et avant d'attaquer les kms de la fin du GC qui sont fort pentus de nouveau je m'arrête à une fontaine au bord de la route pour y faire trempette avec mes pieds durant un moment.
Intérieurement je suis content car je me souviens de cette ballade de l'année passée et je constate que je suis en bien meilleure forme, je sais que j'arriverai au bout sans devoir délaisser le col de la Biche.





Un peu moins de 2 heures de montée, désormais la partie la plus dur de la sortie est derrière le dos, tout comme les deux tiers de la distance puisque le compteur affiche 170 km.



Je descend la route vers la vallée du Rhône en mode chute libre, puis comme d'habitude je me laisse impressionner au passage des bosses sur le bitume et je ralentis fortement ;-)

Juste avant la fin de la descente il y a un petit parc ombragé avec quelques bancs et une fontaine, aménagé spécialement pour les cyclistes. J'en profite pour prendre une pause avant de filer vers Gigniez 7 km de plat et c'est reparti!

Alors que jusqu'à là les montées passaient bien je commence à trouver que ma vitesse est trop lente. C'est encore un col à 10% et je le connais bien car j'ai déjà fait une dizaine de montées dessus, mais quand-même, je deviens un peu impatient. Et il faut bien le dire aussi, j'ai été obligé d'y aller mollo, c'était la condition pour pouvoir arriver au bout, et le chrono commence franchement à être dérangeant: 12,5 heures pour 5000 mètres de dénivelé et 190 km, environs une heure plus lent (encore) que d'habitude ...
Je suis bien obligé de me remettre en mémoire le but de la sortie: aller au bout du parcours.
Bref, ça va un peu mieux ensuite mais ce n'était pas évident. J'ai parfois l'impression en longue distance d'être une petite machine qui peut tourner très longtemps mais gaffe au petits grains de sable! Ca ne serait pas la première séance de remotivation en cours de route.
Puis une petite inquiétude guette: en descendant du Grand-Colombier j'ai eu droit à une petite averse puis en montant sur le col de la biche je suis essentiellement tourné vers le sud et je vois des nuages noirs qui arrivent. Pas de soucis pour atteindre le col de la Biche, ça me dérange pas trop d'être mouillé mais l'idée était aussi de redescendre la Biche côté Haut-Bugey et l'idée de traverser encore un bout le plateau du Haut-Bugey, en altitude donc, tout en étant mouillé et en ayant froid (je n'avais pas grande chose avec moi pour m'habiller chaudement), ne m'enchantais guère. Sans oublier qu'à peine arrivé à la maison j'allais devoir repartir travailler car j'avais quelques nuits à faire cette semaine.

Petit à petit les pentes se radoucissent et je m'approche de la fin du col. Or, c'est un véritable piège car entre la fin des pentes raides et le panneau du col il y a bien encore 3 km et -pour ceux qui connaissent pas- à au moins une dizaine d'occasions on peut avoir l'impression que l'on arrive au bout et à chaque fois ça repart en haut, sans parler qu'avant la montée finale il y a encore 100 mètres à redescendre... (et à remonter ensuite)




Mais finalement le panneau est là, fidèle au poste comme toujours.



La météo me pousse à prendre la décision raisonnable de rentre au plus vite. C'est à dire de faire demi-tour et de tracer sur du presque plat et de la montée pas très forte jusqu'à la maison. Je n'ai d'ailleurs aucunement l'impression de trahir ma feuille de route car l'idée était de rallier Chat, Colombier et Biche: une sorte de bestiaire de cyclisme montagneux et je pense que c'est bien réussi.

Une descente en mode chute libre s'en suit, puis rapidement, impressionné par les bosses et la route mouillée, je ralentis fortement ;-)

Je profite de mon passage à Seyssel pour m'arrêter un moment, de terminer aussi le pain au choc et le triangle aux amandes qui me restent, et de ma parer pour la nuit qui tombait.



Puis repartition direction maison! Une 30-aine de km et 400 mètres de d+ et 1h30 plus tard je me retrouve chez moi!

16h24 de route dont 14h40 sur le vélo.

Et un petit épilogue: ça faisait longtemps que je n'avais plus eu mal comme ça aux jambes après une sortie. Le lendemain j'arrivais à peine à descendre des escaliers!
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veloblan
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MessageSujet: Re: 3 monstres jurassiens   Dim 9 Sep - 14:45

Heu et tu voudrais qu'on te plaigne d'avoir mal aux jambes, comme dirait ma femme quand je me plains du vélo, c'est bien fait pour toi, personne te demande de pédaler  Very Happy Very Happy
Sacré balade que je serais bien incapable de faire en couché, Bravo! cheers
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bison couché
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MessageSujet: Re: 3 monstres jurassiens   Dim 9 Sep - 20:26

veloblan a écrit:
Heu et tu voudrais qu'on te plaigne d'avoir mal aux jambes

Pas du tout non! Je ne fais que d'anticiper des réactions comme celle-ci sur Strava, je cite

réaction sur Strava d'un cycliste jaloux a écrit:
Heureusement que tu n'avais pas la condition hi hi
:D

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veloblan
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MessageSujet: Re: 3 monstres jurassiens   Lun 10 Sep - 7:46

bison couché a écrit:
veloblan a écrit:
Heu et tu voudrais qu'on te plaigne d'avoir mal aux jambes

Pas du tout non! Je ne fais que d'anticiper des réactions comme celle-ci sur Strava, je cite

réaction sur Strava d'un cycliste jaloux a écrit:
Heureusement que tu n'avais pas la condition hi hi
Very Happy

lol! lol! lol!  Bon, c'est quand que tu fignoles ce vélo, même pas de guidoline, Adam va faire la gueule  Very Happy
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MessageSujet: Re: 3 monstres jurassiens   Lun 10 Sep - 7:54

Guidoline? Tu te rends compte du poids supplémentaire? affraid
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MessageSujet: Re: 3 monstres jurassiens   

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